Samedi 20 mars 2010 à 16:57


Une réflexion qui m'est très vite venue durant ce stage en établissement scolaire de deux semaines que j'avais à effectuer et dont je pense parler dans un article prochain, est qu'il devrait être obligatoire, un peu sur le modèle de la JAPD, pour chaque adulte d'environ trente ans, de passer une dizaine de jours dans un établissement scolaire du second degré, en observation, au fond de la classe.
Il y aurait un congé payé que l'employeur serait obligé d'accepter, la personne irait dans un établissement de son académie, mais sans avoir le droit de choisir et de préférence pas dans sa ville de résidence pour qu'il ne connaisse pas les élèves, on laisserait un choix possible de trois périodes dans l'année scolaire pour effectuer ce stage quand c'est le moins contraignant, et il serait obligatoire à de rares exceptions près. Par exceptions je veux par exemple dire les enseignants, ce serait un peu inutile pour eux vu qu'ils connaissent, ou encore les prédateurs sexuels, faudrait vraiment être con. Et le lecteur attentif remarquera l'implicite de cette dernière remarque : "faut pas être con" sous entend que ça devra être organisé par un autre service que l'éducation nationale, sinon, ça serait vite un beau bordel !
Bref, passons sur les modalités, venons en au but. Il serait double :
Premièrement, cela servirait aux gens, jeunes ou futurs parents à reconsidérer les métiers de l'enseignement, les missions qui sont attendues du personnel éducatif, l'organisation imposée pour les exécuter (les missions), le travail à faire et la façon de le faire, les formations, programmes, inspections etc.
Mais surtout, ils pourraient enfin se rendre compte à quels point leurs petits anges parfaits et surdoués sont des gros cons puérils, et stupides. C'est là le but principal, qu'ils voient ce que sont réellement les gamins sortis de la maison, et que, devant cette affligeante démonstration, ils se rendent bien compte que le problème fondamental vient de l'éducation qu'ils ont reçu (ou n'ont pas reçu justement), et de cette façon, prendre un peu en main l'éducation de leurs propres rejetons. Je pense que c'est urgent.

Publié par versager

Lundi 8 mars 2010 à 18:13


Non, quand même, je trouve ça dommage tout ce qui est fait autour de la Saint Valentin. Pas qu'on essaye de faire du fric, de nous vendre tout et n'importe quoi à cette occasion, ça j'ai presque envie de dire que c'est normal, les marchands de toutes espèces doivent bien vendre pour manger, alors ils se raccrochent à des trucs comme ça, c'est assez normal quand on a quelque chose à vendre, non, ce qui m'attriste, c'est que ça marche trop bien, que les gens soient à la fois suffisamment harcelés et suffisamment cons pour se laisser prendre à ce point là dedans.
Parce qu'au final, ça n'est plus que ça. De l'achat, consommation, dépense. Il n'y a plus rien derrière, ça a pris le dessus sur tout le reste alors que ça ne devrait être qu'accessoire. Le cadeau éventuel devrait être le symbole de l'amour et l'attention, non pas le but principal de la fête. J'avais déjà dû parler ici de cette anecdote de RER qui date d'il y a un an : deux filles discutaient, l'une demande à l'autre ce que son copain lui a offert pour la St Valentin, l'autre répond qu'ils ne se sont rien offert, parce que bon, ils se sont rencontrés le 12 au soir, c'était plus que frais, ça n'aurait eu aucun sens de se faire un cadeau à ce moment là, et la première de reprendre que Ah ouais mais nan hein, à la Saint valentin on doit se faire des cadeaux hein, sinon c'est même pas la peine quoi tu vois. Peu importe ce que le cadeau voulait dire, ce qu'il devait représenté, l'intérêt de la fête c'était le cadeau ; sa motivation n'était pas l'amour, mais simplement une espèce de convention marquée pas la fête.
Ce qui me gêne, c'est qu'on soit obligés de dépenser. A entendre tout ce qui se passe autour de nous, tout se passe comme si, ce qui n'a pas de valeur marchande n'a pas de valeur tout court. Et parfois pire encore, on nous propose, voire incite, à mesurer l'amour éprouvé au prix dépensé pour sa manifestation, cela serait paradoxalement la preuve qu'on ne compte pas quand il s'agit de faire plaisir à l'autre. Non pas bien sûr qu'il faille absolument, comme par principe, ne rien dépenser, ça n'aurait aucun sens, mais je n'aime pas qu'on soit forcés.
Alors qu'honnêtement, une saint Valentin peut être mille fois plus réussie et plus sincère, même plus forte émotionnelement qu'autour d'un cadeau ou d'une soirée convenue, clichée, achetée où des centaines d'autres l'ont achetée. Une promenade dans un endroit agréable, juste une lettre, ou même carrément pourquoi pas une soirée télé à deux, je ne sais pas, tout, tout peut être plus chargé de sentiment et de signification que de la magie achetée en kit à la Fnac.

Oui, l'article est un peu décalé dans le temps, mais j'avais à faire. Peu importe de toute manière quand il est posté.

Publié par versager

Dimanche 17 janvier 2010 à 10:44


La page blanche nous dit "tout est encore possible", c'est à dire aussi "tout est encore ratable". La première ligne tracée, le début de la première majuscule est un pas en avant dans le noir. C'est aussi un engagement, celui d'assumer ce qu'on trace et de le continuer. Celui de ne pas changer d'avis. La page blanche, c'est une assemblée immense devant laquelle on prend la parole.
La page blanche est immense et met en évidence la petitesse ridicule du premier mot, symbole de la petitesse ridicule de tous ceux qui le suivront. Elle met en évidence l'inanité de nos pensées, de nos propos qui ne méritent pas d'être coulés dans l'encre. La page blanche nous met face à notre esprit blanc. Elle est à la fois une dissuasion — "Tu n'as rien à dire, tu es aussi vide que moi ; abstiens toi !" — et un encouragement — "Il y a tant de choses à (lui) dire, tant d'espace à remplir ! Allez !" —

Publié par versager

Samedi 2 janvier 2010 à 15:17


Non, vraiment, c'est dur d'être célibataire.
Comment ? Ah, oui, vous avez raison, voir les autres qui sont bien à deux alors qu'on est seul, le manque de tendresse, de câlins, d'un regard dans lequel on est beau, de quelqu'un qu'on aime contre qui se blottir la nuit, oui oui, c'est vrai oui, ça aussi ça manque, moui.

Non, mais bon, moi je pensais surtout que du coup, en étant seul, on a personne pour qui acheter des fleurs, aucune raison de préparer de petites surprises, de petits bricolages, de petites pâtisseries, pour qui essayer de coudre des jolies choses acidulées ou encore apprendre à tricoter puisqu'on a personne à qui l'offrir.

Mais bon, le reste est vrai aussi.
Fut un temps, les poètes prenaient des sortes d'amoureuses-prétexte pour écrire leurs vers, juste pour avoir quelqu'un à qui les adresser.
Pas con.

Publié par versager

Vendredi 18 décembre 2009 à 19:21


Rêver, je veux bien, mais de quoi ? Quand je pense à plus tard, je ne sais même pas ce que je préfère, je me le demande souvent. Je n'arrive pas à imaginer l'endroit où j'aimerais être, qui serait chez moi, mon lieu, ma cachette. Je crois que j'aimerais vivre dans un endroit un peu isolé. Mais évidemment, j'aimerais en avoir tous les avantages sans en avoir les inconvénients.
Je rêve d'un endroit où les étés sont formidables, exténuants d'espace et d'envies, où le monde est immense, où pour être seul et perdu, il suffit de faire deux pas, je rêve d'un endroit où les automne sentent la terre, où on est écœuré de la trop puissante odeur des fenaisons, où l'on se repose de l'été en écoutant la pluie sur le toit, où l'on se sent comme un oisillon qui se blottit dans le nid, le soir, en rentrant, je rêve d'un endroit où les hivers seraient monstrueux, hurlants, cassants, féroces, où l'on pourrait regarder par la fenêtre la trop lourde neige tomber en espérant tout à la fois que ça cesse vite et que ça ne s'arrête jamais, je rêve d'un endroit où les printemps sentiraient encore le froid, mais déjà la rosée et les feuilles, où les animaux ne seraient pas tous soit en cage soit en laisse, mais réapparaitraient avec les beaux jours.
Je rêve d'un endroit loin d'à peu près tout, un endroit où il ne faut surtout rien oublier quand on fait les courses, un endroit aussi où en raison de l'isolement, le prix du terrain permet d'avoir un tout petit jardin et une maisonnette, un endroit où on accueille les amis quelques semaines pendant les vacances pour que leurs enfants arrêtent de penser qu'un sanglier est un animal mythologique, un endroit où tout le monde vous connait, un endroit où les petits vieux discutent des vendanges sur les bancs de la place de l'église, un endroit dans un pays un peu sauvage dans lequel, on le sent, on est que toléré par ce qui nous entoure, un endroit un peu comme la région où habitait mon grand-père, qui me manque sans que je m'en sois aperçu.
Mais évidemment, les inconvénients sont nombreux et de taille, et je sais aussi rêver d'un appartement qui s'apparenterait vite à un nid, douillet, chaud et confortable, dans lequel, si on a envie ou besoin de quelque chose, il suffit de descendre et faire trois pas, où on peut rentrer du théâtre à pieds le soir, s'attarder encore dans un café avant de rentrer, faire ses deux stations en transports en commun pour aller travailler le matin, où on peut être n'importe qui, où on peut regarder la vie grouiller, où on peut à chaque coin de rue faire des découvertes formidables, où il n'y a pas besoin de prévoir, où je suis de retour tout de suite, je vais juste au bout du monde et je reviens, où les enfants croient qu'un sanglier, c'est un animal mythologique, où on peut dire "Allo, ouais, tu fais quoi là ? Rien ? Bah viens à la maison alors on se regardera un film tous ensemble, à tout de suite".
(Mais alors surtout, surtout, il faudrait que cet endroit ne soit ni Paris (que je vomis, et où de toute manière je ne pourrais jamais rien me payer) ni sa banlieue, ça va comme ça hein).
Je ne sais pas où sera l'endroit qui pourra s'appeler chez moi, je ne sais pas si j'y serai seul ou non, je ne sais pas si ça sera facile, mais ce dont je suis sûr, c'est que ce sera doux, chaud et confortable, qu'il y aura de la lumière et des couleurs, des odeurs de pâtisserie et des livres.

Publié par versager

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